Daphlanote, puissance 4
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Hello.

Hé bien. Vu ma cadence de mise à jour....
Et l'utilité d'avoir deux blog ou plus pour moi...
Ce blog ne sera plus mis à jour.
Je continuerai les mise à jour de l'autre adresse.
27.4.08 10:56


Temps de toi

Tu as la voix chaude et même un peu rauque,
Des yeux brun amande et des couleurs en toi.
Sobre et renfermé, j’aime ces colères
Qui font s’allumer l’espoir dans tes veines



[Tes paumes solides ceignent mon visage.]



Et tes rêves enflés d’illusions baroques
Seront à présent comme un nouveau toit ;
Moi, je marcherai entre l’eau et l’ère
Des folles absinthes et de la verveine.



[Tes doigts-chrysalides gagnent en métissages.]



Mais je veux ton corps,
Ton sourire et tes
Humeurs pudibondes,
Aussi ta peau d’ores
Et déjà grêlée
D’envies vagabondes.



Ces ruptures invalides,
Feront l’alésage
Des simulacres ;
Mais l’acide
Des âges
- Âcre,
Lucide -
Est tissage
De nos deux ancres.



Note : Une fois n'est pas coutûme. Vous aimez les paquerettes ?
10.3.08 17:13


Tournant

Jean Raspail est un écrivain qui a constitué un tournant dans mes lectures.
Il m'a ouvert d'autres horizons. Je n'ai pas peur d'affirmer qu'il a changer ma vision du monde et, par ce biais, de la littérature en elle-même.

Vous retrouverez un article à ce sujet sur cette page.
16.1.08 14:56


Première neige

Une peau craquelée, blanche, couvre à présent
Les arbrisseaux mourants de l’éternité reine.
Quelques passant pressés -travailleurs matinaux-
Arpentent ces trottoirs et leurs pavés glissants.
Le visage enfantin, avant qu’il ne s’éprenne
De la neige tachée, parait un peu rougeaud.

Les branches sont courbées par la neige récente,
A présent agrippée à l’écorce mousseuse
De peupliers vaillants, chapeautant les bourgeons
Recroquevillés –froid- sur les branches cassantes.
Les gamins excités par les actions curieuses
De parents angoissés, leurs yeux furibonds.

Dans les mains des plus grands siègent des boules claires,
Tassées soigneusement, en vue d’une bataille
Gagnée par le bonheur et les esprits frondeurs
D’étudiants agités -le jeu semble leur plaire.

Armé de patience et d’une ruse sans faille,
Le garçon revient ici : regardez le vainqueur !
13.1.08 16:13


Prison Mer

Chaîne. Maillons divers comme corps autour de moi. Momie mal conservée par le temps, désertée comme débris sur la plaine d’un Paradis inusité.

Attachée. À des souvenirs trop lourds, ancrés au sol d’un lac où stagnent les eaux malheureuses. Troubles comme jamais, si souvent remuées, particules attroupées en tourbillons infernaux.

Délavée. Sans saveur si ce n’est celle du pourri. Comme polie par la pierre blanche d’un passé terrifié ou d’un avenir dément. Ensevelis sous les gravas d’un sacrifice effacé.

Agenouillée. Sur feu mouvant et flammes bleues de glace. Lèvres scellées par amertume et colère sans fond, gercées comme statues de sel. Acide et piqûres sur peau rouillée, ruissellements intempestifs.

Bousculée. Le bras au sol. La main posée, à plat. Prévenir la chute. Pores ouverts et assaillis, chair blanche à demi étouffée. Solitude accompagnée et regards. Carcan de pierres et de vide. Mes chevilles cernées et s’amarinent, liens invisibles qui les habillent.

Laissée. En arrière. Comme plaisir qui se dégage. Factice et craquelé comme antique. Marbrures imprimées, tout en douleur. Strié, déchiré par la saison annoncée. Les vagues se meuvent, s’élancent. Et engloutissent.

Plantée. Au milieu d’allée. Comme panneau indicateur en malheur. Poteau incontournable et l’oubli oublié.

Statue. Bronze sans direction. Impudique et prostrée. Moulée comme dans un masque. Sur le saut d’un soupir et l’élévation d’un pied. À mettre devant l’autre. Progression lente, en vaguelettes découvertes. Mais protégée par vitre teintée à l’alcool des larmes.

*

Enfin.
Relevée. Les genoux dépliés. Le corps tendu. Mais ferme. Campé sur ses assises. Tout pour s’ancrer. Dans le présent. Dans les mémoires et le cœur. Dans la détresse et le désespoir. Dans la fierté d’être seul.

Et la mer, comme toujours. Elle s’écrase sur les rochers. Violente. Elle ronge. Peu à peu. Avec parcimonie. Lenteur insupportable.







À quand la fin ?

______________________________________

Un texte désormais plutôt ancien. Mais il sonne toujours autant, pour moi en tout cas.
9.1.08 21:18


Mélancolie précoce

L’espérance aigrie
Laisse notre avenir
S’envoler.

            Nos vies resteront là, habillées de pourquoi
            Révélateurs et las de n’être que des proies.

Promesses dédies
Qui donnent au plaisir
Les regrets.

            Ma chaire est craquelée, de ces cris lancés –rauques-,
            Et ma peau demeure, barrée par un sang glauque.

Relents douloureux
D’une agonie rapide,
Comme un songe.

            Intervalles réguliers, souvenirs apparus.
            Pour masquer le présent d’un voile distendu.

Ces sourires d’eux
Paraîtront bien timides,
Sans mensonge.

            Parés de l’incertain, brouillards des lendemains.
            Des rêves d’ascension ou la modestie d’être.

Et puis vient la chute,
Silencieuse et hautaine :
Je suis nue.

26.12.07 18:33


Une fois encore

Immuable. J’observe mon reflet dans les flots troublés par des vaguelettes intempestives.

La rambarde : un mètre cinquante, noire, inclinée -pliée de force par la gravité. Les pierres descellées à son pied. La mousse dans les interstices des larges cubes gris.

Mes yeux se noient dans l’eau. Verte. Imperméable. Aux émotions. Aux désirs et aux passions. Tout ce que j’ignore. Le lendemain est gris d'incertitudes et de soumission.

Le liquide est froid. Moins deux degrés Celsius : température ambiante.

Y survivrais-je ?

Le contact de l’eau sur ma peau.

L’anesthésie se fait sentir, douloureuse. Chaque muscle, de moins en moins réactif.

Mes jambes qui brassent, inutilement. Ralentissement.

Ma tête, bientôt sous le niveau de l’eau.

Les lèvres entrouvertes. Avale de l’eau. Sans air.

Puis… Comme pour tousser. Evacuer l’eau de mes poumons.

[Je m’étrangle. Peu à peu.]

Et puis. Enfin. Je dors.

**

Réveil. J’ai froid.

L’air est glacé. Le monde bourdonne. J’agrippe la couverture –posée sur moi- avec le bout de quatre de mes doigts. Mes jointures blanchissent. Je tremble.

Les jambes comme gelées. Immobiles dans une gangue de glace.

Le visage crispé. Je claque des dents. Mordant de temps à autre mes lèvres, abîmées.

Mes muscles. Endoloris. Ils m’enferment. J’ai peur. Je m’affole. Paralysée. Sais-je encore parler ? J’ai l’impression que ma gorge est en feu. Mes cordes vocales, comme du plomb dans l’estomac, sur le fond de ma langue.

Une porte s’ouvre. Des voix un peu indistinctes parlent, commentant mes yeux ouverts et mon visage terrifié.

Une main vérifie le baxter et les tuyaux reliés à mon bras, attaché en hauteur, sur une patère tout contre le lit d’hôpital.

Puis repartent. Sans précaution ni question. Ils font leur travail. Comme tout le monde.

Assis sur un siège. Devant un bureau. Un homme entre-deux âges, des lunettes sur le bout du nez, le regard poser sur moi.

J’ai les mains sagement croisées. Posées sur mes genoux.

- Qu’avez-vous fait, mademoiselle ?

- J’ai sauté dans l’eau. Je voulais me noyer.

- Vraiment ?

- Oui.

- Et… Pourquoi donc ?

- Parce que.

- Mais... encore ?

- Parce que j’en avais envie.

- Et pourquoi en aviez-vous donc envie ?

Silence obstiné.

Il soupire. Un peu. Tente de ne pas lever les yeux au ciel, comme le prenant à témoin pour ses efforts.

Quelques minutes plus tard, je me lève, repart vers ma chambre. Le rendez-vous est terminé. Pas envie d’aller jusqu’au fumoir.

Un mois plus tard. Nouvelle ville. Nouveau fleuve. Et. Nouvelle chute. Se rater une bonne fois pour toute, peut-être… ?

5.12.07 17:15